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Travailleurs sans frontières

 

Qui travaille à l’étranger et pourquoi?

Par Roberta Neault

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous entendez parler de carrières internationales ou mondiales? La plupart des professionnels en développement de carrière canadiens imaginent probablement des Canadiens travaillant à l’étranger, typiquement à titre d’expatriés ou d’humanitaires, ou encore des personnes ayant immigré au Canada. Il nous est plus difficile de concevoir le Canada comme une destination pour des travailleurs expatriés d’autres pays. Toutefois, pour servir efficacement nos clients dans un marché mondial, il peut être utile de mieux comprendre qui travaille à l’étranger et pourquoi. Bien qu’il puisse être ardu de catégoriser les travailleurs internationaux, 10 groupes sont brièvement décrits ici pour jeter les fondements d’une compréhension des circonstances et des besoins particuliers liés à de telles carrières.

 

Expatriés

En vérité, quiconque travaille à l’extérieur de ses propres frontières nationales est un expatrié, mais le terme décrit plus spécifiquement les personnes qui travaillent à l’étranger pour le compte de multinationales, souvent dans des postes de leadership, de gestion ou de spécialisation technique. Il arrive qu’elles aient des contrats à relativement long terme, mais qu’elles continuent à n’avoir pour statut qu’un visa de travail et conservent le passeport de leur pays d’origine. Bon nombre de diplomates et de professionnels du Service extérieur interagissent étroitement avec les communautés d’expatriés de leur région, même si leur contrat de travail est établi avec leur propre gouvernement national.

 

Rapatriés

Les expatriés qui rentrent chez eux peuvent être confrontés à des défis similaires à ceux des immigrants qui doivent faire reconnaître les équivalences entre leur expérience de travail ou leurs diplômes et les normes locales. De nombreux rapatriés affirment avoir vécu un choc culturel plus important à leur retour à la maison que lors de leur arrivée à l’étranger. Pourtant, contrairement aux immigrants, ils sont très mal servis en matière d’arrangements ou de services d’orientation professionnelle gouvernementaux. Malheureusement, certains Canadiens prêts à rentrer au pays jugent que leur carrière progressera mieux dans une autre affectation internationale.

 

Travailleurs étrangers temporaires

Bien que les circonstances varient, ce qui distingue les membres de ce groupe est la nature temporaire de leurs visas de travail et de leurs contrats. Certains de ces travailleurs répondent à des besoins saisonniers (par exemple, les travailleurs agricoles temporaires pendant la saison des récoltes), tandis que d’autres apportent leur expertise technique à des projets spécialisés comme la construction d’un barrage.

 

Travailleurs internationaux au sein d’organisations non gouvernementales (ONG)

Si ces postes sont parfois pourvus par des affectations temporaires (par exemple, les étudiants en année sabbatique, les retraités désireux de « redonner à la collectivité » de manière concrète, les professionnels qui consacrent leurs vacances au bénévolat), d’autres travailleurs internationaux optent pour ce type de carrière à plus long terme. Certains travailleurs internationaux demeureront au sein du même organisme et d’un seul pays, alors que d’autres changeront d’organisme, de pays ou même de continent au cours de leur carrière. Dans certains cas, les travailleurs internationaux œuvrant dans des ONG doivent prendre des dispositions pour assurer leur propre soutien financier; ils peuvent demander un congé à intervalle de quelques années pour rentrer « chez eux » dans le but de prendre contact avec leurs sources de financement et d’obtenir l’assurance de leur engagement renouvelé à fournir des contributions financières permanentes. D’autres recueilleront des appuis en rédigeant des propositions de financement ou en s’associant avec des organismes de recherche. Les diplômés universitaires récents qui optent pour ce type de travail risquent de trouver difficile de rembourser leurs prêts d’études canadiens avec le salaire minime qu’ils touchent en œuvrant à un projet international sans but lucratif.

 

Étudiants étrangers

De nombreux pays recrutent des étudiants étrangers, comptant sur leurs frais de scolarité plus élevés pour financer les programmes d’études secondaires et postsecondaires. Comme il est logique de tenter de retenir quelques-uns des talents formés sur place, bon nombre de pays leur proposent des permis de travail avantageux sitôt après l’obtention de leur diplôme. Certains diplômés récents constatent toutefois que leurs aptitudes linguistiques, bien que suffisantes pour leurs études, sont inadéquates pour le marché du travail. D’autres ne possèdent pas les rudiments des techniques de recherche d’emploi, n’ayant jamais travaillé pendant leurs études secondaires ou universitaires.

 

Travailleurs mondiaux

De nombreuses personnes perçoivent le monde entier comme un milieu de travail potentiel. Certaines d’entre elles possèdent des compétences si spécialisées qu’elles déménagent là où ce type de travail est réalisé. D’autres maîtrisent plusieurs langues, ce qui leur ouvre d’infinies possibilités. D’autres encore ont été éduquées en nomades planétaires par des parents ayant des relations ou des carrières internationales. Bon nombre de travailleurs mondiaux ont besoin de services spécialisés de soutien professionnel pour mieux explorer et circonscrire les possibilités qui s’offrent à eux, puis obtenir les visas nécessaires pour franchir les frontières nationales. Certains – comme les militaires et les diplomates – auront bien sûr été affectés par leur propre gouvernement. Dans de tels cas, des services d’orientation professionnelle sont parfois offerts à l’interne pour assurer un soutien à la transition.

 

Nomades transculturels

Les membres de cette catégorie sont vraisemblablement les enfants des travailleurs mondiaux. Certains possèdent un passeport du pays de l’un de leurs parents ou des deux sans pourtant y avoir jamais vécu ni y voir autre chose qu’une destination de vacances pour rendre visite à leurs grands-parents. Malgré cela, ils ne voient pas davantage le pays où ils vivent comme leur « chez-soi »; dans certains cas, ils peuvent même être pensionnaires dans un pays différent de celui où vivent leurs parents. Ces personnes ont tendance à s’identifier plus étroitement avec ceux qui possèdent un vécu semblable; ensemble, ils forment un groupe culturel unique, se distinguant aussi bien de leur pays d’origine que du pays où ils vivent temporairement. Ils font face à des défis uniques en ce qui concerne le choix du pays où ils s’installeront et de leur objectif professionnel.

 

Partenaires ou conjoints accompagnateurs

Il arrive que la mobilité internationale des expatriés, rapatriés, travailleurs mondiaux, travailleurs du Service extérieur, étudiants étrangers et militaires ait des répercussions sur la carrière de leur partenaire ou conjoint, qui a souvent moins d’emprise sur ses propres choix professionnels. Parfois, le conjoint ne réussit pas à obtenir un permis de travail dans le pays où son partenaire a été muté. Dans d’autres cas, les diplômes ou l’expérience de travail du conjoint ne sont pas reconnus dans le pays d’accueil, ce qui le force à se réorienter pour pouvoir travailler dans un autre domaine. Les partenaires accompagnateurs sont également susceptibles d’avoir besoin de soutien pour entretenir leurs compétences et leurs réseaux professionnels à l’étranger, de manière à pouvoir reprendre le travail une fois que l’affectation internationale aura pris fin et que le couple sera revenu au pays.

 

Immigrants/réfugiés

Même si immigrants et réfugiés arrivent au pays dans des circonstances bien différentes et ont, jusqu’à un certain point, des besoins distincts en matière de services d’orientation professionnelle, ils ont comme point commun d’avoir immigré dans un pays dans l’intention d’y demeurer. Plus que pour tout autre groupe, l’apprentissage des langues locales pourra donc se révéler un jalon important. De même, il pourra être utile d’obtenir des documents traduits et d’évaluer les relevés de notes à des fins d’équivalence (bien qu’il soit parfois impossible d’obtenir les documents du pays d’origine dans le cas des réfugiés). De tous les groupes, celui-ci est le mieux compris et le mieux servi par les services communautaires d’orientation professionnelle au Canada.

 

Travailleurs virtuels membres d’équipes internationales

Il arrive que des travailleurs affectés à des projets internationaux ne quittent jamais la maison, ou rencontrent leurs coéquipiers dans toutes sortes d’endroits du monde en cours de projet. Voilà qui peut drôlement compliquer les réponses aux questions couramment posées dans les formulaires de douanes, d’immigration ou d’impôt. Par exemple, une professeure en ligne devait remplir un formulaire d’impôt du pays où se trouvait l’université pour laquelle elle enseignait. Il lui était impossible de bien répondre à des questions telles que : « Quand avez-vous quitté le pays? », « Quand êtes-vous revenu(e) au pays? » ou « À quelle adresse demeuriez-vous pendant votre séjour au pays? ». Si vous organisez une rencontre avec les autres membres du projet pendant que vous êtes en conférence ou en vacances dans la région, devez-vous dire aux douaniers que vous voyagez pour affaires ou agrément? Lorsque votre bureau virtuel est un ordinateur portable, un téléphone et une connexion sans fil, vous pouvez très bien travailler pour des clients de votre pays d’origine tout en étant à l’étranger.

Ce n’est là qu’une infime partie des considérations qui touchent les travailleurs internationaux et les travailleurs mondiaux. Parmi les autres questions communes à de nombreux travailleurs internationaux, citons l’accès déficient aux programmes de soutien sociaux et financiers que nous tenons pour acquis en tant que professionnels en développement de carrière du Canada – des programmes comme l’assurance-emploi, les congés de maladie, congés de maternité ou congés parentaux, ainsi que le soutien du revenu et l’aide sociale. Dans un marché du travail planétaire, les carrières sont complexes. Par conséquent, les professionnels en développement de carrière doivent posséder plus que des compétences de base pour venir en aide à ceux qui œuvrent au-delà des frontières nationales. Comme nous le faisons valoir ici, un premier pas consiste à comprendre les diverses catégories de travailleurs internationaux et à laisser tomber l’idée préconçue selon laquelle tout client provenant de l’étranger est un immigrant. Songez à la façon dont vous pourriez devoir modifier vos suppositions, vos croyances et vos interventions habituelles pour mieux appuyer la grande diversité de travailleurs internationaux qui font appel à vos services d’orientation professionnelle.

Dre Roberta Neault, CCC, CCDP, GCDF, présidente, Life Strategies Ltd., est une personne influente dans le secteur du développement de carrière, au pays comme à l’étranger. Son travail et ses voyages l’ont conduite dans plus d’une soixantaine de pays. Elle a aidé des centaines de personnes à gérer leur carrière localement et à l’étranger. Elle a souvent écrit et présenté des communications à l’échelle internationale sur les questions touchant la vie professionnelle des immigrants, des expatriés, des rapatriés et des travailleurs mondiaux.

 

 

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