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SD 4. Orchidée et Colibri – Jacques Limoges

Il y a eu d’abord l’orchidée

À la fin du siècle dernier, on n’avait d’éloges que pour le lâcher-prise. Le lâcher-prise était alors proposé comme une solution miracle à tous les problèmes[1], tant personnels que professionnels. Cette opération s’est avérée un succès sans précédent puisque, dans les temps qui courent, des milliers et des milliers de gens décrochent un peu partout quelle que soit la scène : scolaire, professionnelle, conjugale, parentale, associative, solidariste, politique, éthique, etc.

Or, en y regardant de plus près, on découvre que bien de ces lâcher-prises n’étaient en définitive que des lâchetés-prises!

Il s’ensuit qu’un maintien quel qu’il soit (diète, forme physique, motivation, engagement, conviction, etc.) est apparu soit comme un geste héroïque réservé à quelques héros hors du commun, soit comme une posture terne voire insignifiante. On n’a qu’à penser (et entendre) au « Ça s’maintient » monotone des personnes résignées.

Alors c’est pour contrer cette perception déprimante, que j’ai retenu l’0rchidée pour représenter le maintien, particulièrement le maintien professionnel. Cette fleur est qualifiée d’humanoïde par les chinois du fait que, lorsqu’on l’observe de plus près, on découvre qu’elle a très souvent des traits humains telle une bouche qui chante ou encore un corps élégant en équilibre fragile sur une tige comme celle reproduit ci-dessous par Noëlly SAUVINEAU. Avec sa permission, cette aquarelle orne la page couverture de mes 5 guides pour accompagner le maintien selon les 4 tiers de carrière.

 

Il n’y a pas de hasard

Or en 2006 quand je suis rentré à la maison en fin de journée avec une boîte remplie de mon nouveau guide Mi-tien, une femelle colibri m’a suivi à l’intérieur.  À l’aide d’un balai, j’ai pensé la faire vitement sortir mais ce fut tout le contraire car elle optait pour des directions opposées. Cette chasse me mit à bout de souffle. Constatant qu’elle était attirée par la lumière vive, j’ai décidé de faire un quitte ou double c’est-à-dire de lui indiquer la sortie en allumant successivement des ampoules en direction de la sortie sauf qu’il en manquait une pour le dernier jalon! Alors je me résignai à attendre patiemment que madame se pause, ce qu’elle fit éventuellement en se perchant sur une assiette murale. Alors, délicatement, avec un linge blanc, je la capturai et je fus surpris de voir que son cœur battait normalement en dépit de cette chasse. Finalement je la libérai une fois dehors convaincu qu’elle irait vitement se poser sur une branche, question de reprendre son souffle. Or, bien au contraire elle s’envola en pialant de joie dans le pur firmament.

Intrigué par la performance de cet oiseau-mouche, j’entrepris une recherche sur internet, entre autres sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Trochilidae pour apprendre que cet oiseau est de la famille des Trochilidés dont quelques-unes des caractéristiques sont :

  • faire des battements d’ailes très rapides;
  • effectuer des voltiges impressionnantes;
  • voler sur place ou vers l’arrière;
  • défendre un territoire de chasse;
  • voir les ultraviolets;
  • avoir une fréquence respiratoire pouvant monter jusqu’à 500 respirations/minute contre 14 à 18 pour l’humain;
  • traverser 1 000 km tel le golfe du Mexique sans halte et sans la nécessité de former avec des pairs un V afin de réduire la résistance au vent comme le fond par exemple les oies sauvages;
  • pouvoir tuer un prédateur plusieurs fois son poids tel un faucon en y dardant le cœur d’un simple coup de bec.

 

Tel un colibri, se maintenir au 2e tiers de sa carrière

Il n’en fallait pas plus pour qu’un Colibri butinant une fleur d’orchidée devienne la scène-mascotte[2] ou bannière représentant le maintien 2e tiers de carrière, une période nécessitant très souvent de faire du surplace (ce qui n’empêche pas de faire des voltiges impressionnantes donc un maintien dynamique et coloré); de rechercher couleur et lumière (la vérité, la justice, etc.); de mettre du cœur dans nos actions (plus de muscles pour tenir que pour lâcher); de faire marche arrière avec élégance au besoin (pour entre autres éviter de s’épuiser ou de devenir obsolète); d’être capable de défendre son territoire et d’agir seul si nécessaire[3] (ma carrière est trop importante pour être laissée entre les mains de mon employeur) et occasionnellement d’affronter avec justesse un adversaire même s’il est plus puissant que soi-même (Limoges, Lampron, Côté et Doyon, 2010[4]).

En somme, cette anecdote est une invitation à méditer sur l’orchidée et le colibri… afin de s’en inspirer pour mieux gérer sa carrière et, partant, pour mieux accompagner les autres dans leur maintien!

[1] Cette vague fait progressivement place à une autre, celle survalorisant la résilience!

[2] Peinture réalisée sur demande par Noëlly SAUVINEAU, aquarelliste.

[3] La seule ombre à ce tableau bucolique est que le Colibri est territorialiste donc il agit généralement seul ou en couple alors que les recherches démontrent que les bons mainteneurs exploitent au maximum diverses structures d’entraide (Limoges, 2001).

[4] Mi-tien, guide d’animation. www.adl.qc.cq

Professeur au Département d'Orientation professionnelle de l'Université de Sherbrooke durant plus de 25 ans, le pédagogue a brillé d'originalité pour former ses étudiants, souhaitant non pas les cloner, mais bien les mettre au monde en tant que conseillers. Sa différence est devenue référence, comme en témoignent les prix qu'il a remportés, la vingtaine d'ouvrages qu'il a publiés et les ateliers de formation qu'il a animés sur le counseling de groupe et sur l'insertion professionnelle. Depuis 2001, il n'a de retraité que le nom puisqu'il demeure très actif comme professeur associé. De plus, le prolifique auteur n'a pas rangé sa plume et le réputé conférencier manie toujours le verbe avec autant de verve et d'à-propos.

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