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GBMT 24. Le dilemme de Béatrice [1] – Jacques Limoge

La mise en situation
Pendant près de trois ans, l’urgentologue Béatrice a tout fait pour faire accuser Leblanc, un pédophile notoire, dont retracer certaines de ses victimes afin qu’elles témoignent lors de son inculpation et éventuellement lors de son procès.

Parmi ces victimes, certaines se sont suicidées –dont le jeune frère de Béatrice– et d’autres vivent avec des traumatismes physiques, psychologiques ou mentaux inhibant profondément leur vie personnelle, affective et professionnelle. Certains enfants de ses victimes dont Arnaud en sont même marqués…

Les premiers témoins repérés par Béatrice furent suffisamment crédibles, pour que le pédophile en question –même s’il avait changé de nom—fut soit arrêté et mis en détention jusqu’à la tenue de son procès.

Or il fut vite repéré par ses codétenus qui, dégoûtés par ses nombreux abus de mineurs, le tabassèrent royalement lui causant des lésions importantes et le rendant méconnaissable. À vrai dire, ils l’ont laissé entre la vie et la mort! Les autorités pénitencières l’ont donc rapidement fait transporté aux soins intensifs.

Or ce soir-là, Béatrice avait la garde de l’urgence et, comme elle le fait toujours comme le veut sa fonction, elle enclencha promptement toutes les procédures requises, y compris la réanimation. Il était même question d’une opération délicate et coûteuse quand tout à coup, les plaies au visage nettoyées, elle reconnut Leblanc, celui-là même qu’elle cherchait à faire condamner.

Devant cet état de fait :

Béatrice devrait-elle poursuivre ce traitement intensif, y compris l’opération délicate et coûteuse mobilisant pendant plusieurs heures une salle d’opération et plus d’un chirurgien? (Option 1)

ou

Béatrice devrait-elle interrompre ce traitement intensif et coûteux souhaitant et sachant que Leblanc restera sans doute lourdement handicapé et nécessitera de nombreux soins même s’il est condamné à la prison pour le reste de ses jours? (Option 2)

Animation de ce dilemme

L’animation qui suit s’inspire de la démarche proposée dans Le Potentiel groupal, pages 132 à 138.

Si personne ou trop peu de personnes choisissent l’Option 1, compléter la « mise en situation » en utilisant un ou plusieurs des arguments suivants (un à la fois et dépendamment du stade dominant des participants) :

  • Si Leblanc survit, il aura son procès et ainsi toute la vérité sera faite sur son comportement sordide.
  • Si Leblanc survit, il aura son procès ce qui pourrait avoir un effet thérapeutique pour beaucoup de ses victimes.
  • Comme médecin, Béatrice a fait le serment d’Hippocrate qui stipule, entre autres choses, que « Le bien du malade, au physique et au moral, est la priorité du médecin. Celui-ci doit faire ce qui est utile et avantageux pour le malade ».

 

Si personne ou trop peu de personnes choisissent l’Option 2, compléter la « mise en situation » en utilisant un ou plusieurs des arguments suivants (un à la fois et dépendamment du stade dominant des participants) :

  • Leblanc a fait tellement souffrir de jeunes –dont le frère de Béatrice– que c’est à son tour de souffrir.
  • Comme Béatrice est à l’origine de la plainte contre Leblanc, elle sera mise en porte-à-faux lors d’un éventuel procès (Pourquoi avoir sauvé la vie à une personne que vous souhaitez voir condamner à une réclusion à perpétuité faute de peine de mort ?).
  • Les soins que Leblanc doit recevoir mobiliseront pendant plusieurs heures une salle d’opération et des chirurgiens privant ainsi de ces ressources d’honnêtes patients.

 

Stades et angles moraux

Selon les stades moraux des participants, les pro-traitements ou Option 1 exploiteront principalement les angles Rôle, Devoir et Vie.

En revanche, les anti-traitements ou Option 2 exploiteront principalement les angles Justice, Punition et Relationnel.

 

[1] S’inspire du dernier épisode de la 4ème saison de la télésérie Au secours de Béatrice.

Professeur au Département d'Orientation professionnelle de l'Université de Sherbrooke durant plus de 25 ans, le pédagogue a brillé d'originalité pour former ses étudiants, souhaitant non pas les cloner, mais bien les mettre au monde en tant que conseillers. Sa différence est devenue référence, comme en témoignent les prix qu'il a remportés, la vingtaine d'ouvrages qu'il a publiés et les ateliers de formation qu'il a animés sur le counseling de groupe et sur l'insertion professionnelle. Depuis 2001, il n'a de retraité que le nom puisqu'il demeure très actif comme professeur associé. De plus, le prolifique auteur n'a pas rangé sa plume et le réputé conférencier manie toujours le verbe avec autant de verve et d'à-propos.

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