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McDonald ou Massey-Ferguson? – Jacques Limoges

Que l’on soit Québécoise ou Québécois ou que l’on souhaite appartenir à la nation portant ce qualificatif, il est impératif de bien connaître cette société distingue. Or, dans Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo (voir mon billet du 18 août dernier), Dany LAFERRIÈRE suggérait de nombreux éléments non-dits et surtout non-écrits que l’on a avantage de bien connaître surtout si on vient d’ailleurs comme le précise Dany à son jeune ami Mongo.

Toujours quant à la question identitaire, LÉGER, NANTEL et DUHAMEL viennent de publier Le Code Québec que j’encourage tous les Canadiens et Québécois, de souche ou d’adoption, à le lire et à le faire lire[1]. Ce livre révèle 7 différences propres aux Québécoises et Québécois francophones (et par ricochet au Québec tout entier), différences que je prends bien soin de ne pas divulguer afin de titiller votre curiosité à le lire. Du coup, tel le négatif d’une photo, ce livre permet de mieux connaître ce qui est souvent appelé le « rest of Canada » ou ROC[2].

Un exemple

Pour bien montrer cette différence québécoise, les auteurs s’attardent entre autres à comparer la stratégie de mise en marché des deux plus grandes chaînes canadiennes de détails en alimentation, soit Loblaws et Sobeys. Lors de l’achat de Provigo par Loblaws, cette firme n’a pas cru bon de traiter différemment le Québec dans ses choix d’aliments, ses stratégies publicitaires, etc. Elle est même allée jusqu’à retirer le nom Provigo de la devanture de ses grandes surfaces. En somme cette entreprise a utilisé la même stratégie que McDonald : du pareil partout à travers le monde, le même M jaune, presque toujours les mêmes menus souvent uniquement en anglais, les mêmes saveurs, les mêmes uniformes pour les personnels, les mêmes promotions[3].

En revanche, Sobeys a maintenu les bannières provinciales dont IGA et IGA plus. Elle a fait un peu comme l’entreprise Massey-Ferguson qui, chaque fois qu’elle s’implantait dans un pays, prenait soin, au préalable, de faire des groupes de discussion (focus groups) d’agriculteurs afin de faire consensus sur des questions comme :

  • Selon vous, qu’est-ce qui caractérise un excellent tracteur?
  • Un excellent tracteur ressemble à quoi?
  • Un excellent tracteur est évidement rouge, mais quel rouge selon vous?

 

Résultats

Si vous voyez un tracteur M-F en Russie vous verrez que ses angles sont carrés tels les épaules d’un militaire de carrière alors qu’ici tous les angles des M-F sont dans l’ensemble ronds tel un athlète bien musclé. Si vous voyez un M-F en France, vous verrez que son rouge est plus clair que le rouge d’ici[4].

Au Québec, pour une même période, les ventes de Sobeys ont monté en flèche alors que celles de Loblaws ont chuté drastiquement à un point tel que cette entreprise dû faire marche arrière, entre autres, en réaffichant le nom de Provigo.

Quelle est votre stratégie de mise en marché?

À notre échelle, il y a lieu de réfléchir voir et de revoir notre façon de faire connaître nos services et nous-mêmes afin de rejoindre les diverses clientèles dont nous avons la charge. Notre façon de nous mettre en marché s’approche-t-elle de celle de McDonald ou de Massey-Ferguson et, partant, cette façon est-elle appropriée? À bien y penser, n’était-ce pas ce que sous-tendait le thème de la Semaine québécoise de l’orientation de l’an dernier soit : Croire en ses forces?

[1] Ce livre (que je lisais déjà) me fut vivement recommandé par une néo-québécoise native des États-Unis d’Amérique.

[2] Ce livre révèle que les Québécois anglophones sont dans leurs valeurs le plus souvent à mi-chemin entre les Québécois francophones et le ROC.

[3] J’ai pu le constater encore récemment lors d’un voyage qui m’a fait passer par le Japon, la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et l’Ouest canadien.

[4] Cette anecdote me fut racontée par un vieux et passionné vendeur de M-F qui rêvait d’ouvrir un musée étalant l’histoire de M-F. Malheureusement ce fleuron canadien fut vendu à une entreprise étatsunienne et je crains que celle-ci ait éventuellement opté pour la formule McDonald.

Photo du profil de Jacques Limoges
Professeur au Département d'Orientation professionnelle de l'Université de Sherbrooke durant plus de 25 ans, le pédagogue a brillé d'originalité pour former ses étudiants, souhaitant non pas les cloner, mais bien les mettre au monde en tant que conseillers. Sa différence est devenue référence, comme en témoignent les prix qu'il a remportés, la vingtaine d'ouvrages qu'il a publiés et les ateliers de formation qu'il a animés sur le counseling de groupe et sur l'insertion professionnelle. Depuis 2001, il n'a de retraité que le nom puisqu'il demeure très actif comme professeur associé. De plus, le prolifique auteur n'a pas rangé sa plume et le réputé conférencier manie toujours le verbe avec autant de verve et d'à-propos.

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