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GBMT 21. Prenez place… la bonne! – Jacques Limoges

Si à tous les niveaux (familial, scolaire, professionnel et gouvernemental) de la société on tenait compte du fait que grosso modo 50 % des gens ont comme sens dominant pour appréhender le monde (y compris eux-mêmes) le visuel, 30 % l’auditif et 20 % le kinestisique[1], il y aurait beaucoup moins de personnes en situation d’échec et sous l’emprise de stimulants nerveux tel le Ritalin et cela serait particulièrement vrai pour les kinestisiques.

Cela ne veut pas dire qu’un individu visuel ne peut utiliser, par exemple, son mode auditif pour apprendre quelque chose;  cela veut simplement dire que cet individu est moins habile et moins attiré par ce quelque chose si c’est ce dernier mode sensoriel qui est sollicité par son entourage ou par lui-même.

Or, l’utilisation des divers formats de groupe s’avère un outil important pour rejoindre les kinestisiques tout particulièrement et pour stimuler ce mode d’apprentissage chez tous les autres. Pour ce faire, il suffit de créer des atmosphères spécifiques comme on fait pour les enfants de la maternelle. Après la récréation faisant suite au dîner, les enfants reviennent de la cour et constatent que dans le local, les lumières furent tamisées et les tapis alignés par terre. Une telle atmosphère active leur mélatonine, l’hormone du sommeil. Tout de suite ils baissent la voix et se prédisposent pour un petit somme!

Des cadres de travail sur mesure

Dans le cas des groupes, de telles atmosphères s’appellent des cadres de travail[2].

Lorsqu’un groupe a comme principal objet d’apprentissage l’extrapersonnel, il est de mise de placer les chaises[3] des participants ou membres en rangs, toutes tournées vers l’avant comme dans un auditorium ou, si le groupe est de taille moyenne ou petite, de former avec ces chaises et tables un U autour du conférencier, formateur ou animateur.  Les membres s’assoient à l’extérieur de ce U et l’animateur se tient à la tête de ce U derrière sa table, le plus souvent debout[4].

Par contre, lorsqu’un groupe vise principalement un objet interpersonnel, les chaises –y compris celle de l’animateur– sont placées en cercle devant les tables, de préférence sans aucun obstacle (comme une table basse) au centre de ce cercle sauf pour des raisons pédagogiques comme faire un casse-tête collectif.

Enfin, lorsqu’un groupe vise principalement un objet intrapersonnel, l’un ou l’autre des cadres de travail précédemment décrits pour l’extra et l’inter peut être utilisé, mais de préférence celui du U lorsque le traitement dudit objet implique de façon significative des partages en dyades ou triades imposées par l’animateur pour diverses raisons comme pairer un visuel avec un auditif.  

Les trois à la fois

Par ailleurs, lorsqu’un groupe doit aborder les trois objets d’apprentissage à la fois, alors le cadre de travail en U s’avère le plus approprié à condition que le groupe soit petit ou moyen. Dans ce cadre de travail, l’animateur se place  debout derrière sa table lorsqu’il est question d’extrapersonnel; il se place assis devant sa table lorsque le propos porte sur l’intrapersonnel et tous –animateur et membres—s’assoient devant leur table, sans rien devant eux, lorsque qu’un objet interpersonnel est abordé.

Une formation, trois objets et trois savoirs

En fait, lorsqu’il est à la fois question de savoir, savoir-faire et savoir-être ce qui revient à dire aborder à la fois les trois objets d’apprentissage comme lors d’une formation, l’idéal est un local deux fois plus grand et avec au moins deux chaises par participant membre ou animateur.

À l’avant de ce local, les tables et chaises forment un U avec à sa tête une table et une chaise pour l’animateur. Les participants sont alors assis à l’extérieur de ce U. Ce premier cadre de travail servira lorsque l’objet visé est extrapersonnel donc porte sur le savoir. Par contre, si l’animateur déplace sa chaise devant sa table c’est-à-dire à l’intérieur du U afin de symboliser une invitation à l’authenticité[5] et à la  transparence, cela constitue un cadre de travail tout à fait adéquat pour aborder un objet intrapersonnel donc le savoir-être. Enfin, lorsque les participants et l’animateur s’assoient tous ensemble à l’intérieur du U[6], voilà un cadre de travail idéal pour aborder l’interpersonnel donc le savoir-faire.

À l’arrière de ce local, des îlots de chaises avec tables rétractables ou amovibles sont constitués pour des exercices en sous-groupes selon divers fractionnements : dyades, triades, quatuors, etc. Ces îlots sont particulièrement importants pour approfondir les savoir-être et savoir-faire donc les objets intrapersonnel et interpersonnel.

Par les temps qui courent

Malheureusement, à des fins d’esthétique et surtout d’entretien, il arrive de plus en plus que le mobilier d’un local soit fixé et immobile. Dans une certaine mesure cela se justifie lorsqu’il s’agit d’un grand local ou d’un grand groupe. Dans tous les cas contraires, cela est déplorable car ces contraintes matérielles inhibent grandement l’utilisation maximale du potentiel groupal.

Malheureusement, avec l’implantation des techniques d’information et de communication ou des TIC — lesquelles exigent actuellement des écrans, caméras, moniteurs et de multiples câblages–, ces contraintes sont dédoublées au grand dam des objets intra et interpersonnel donc du savoir-être et du savoir-faire. Espérons que les innovations technologiques auront raison de ces problèmes sinon ce sera un net recul!

[1] www.lesprofduweb.com , un site français alimenté par une douzaine de professeurs de niveau lycéen/collégial, des correcteurs et des experts nationaux de l’apprentissage et des programmes.

[2] Setting en anglais.

[3] Partout dans ce billet, lorsqu’il est question de chaise, l’idéal est une chaise avec une table amovible ou rétractable.

[4] Position du magister ou du maitre !

[5] Métaphoriquement, se mettre à nu.

[6] D’où la pertinence d’une deuxième voire d’une troisième chaise sinon il faudra déplacer la première.

Photo du profil de Jacques Limoges
Professeur au Département d'Orientation professionnelle de l'Université de Sherbrooke durant plus de 25 ans, le pédagogue a brillé d'originalité pour former ses étudiants, souhaitant non pas les cloner, mais bien les mettre au monde en tant que conseillers. Sa différence est devenue référence, comme en témoignent les prix qu'il a remportés, la vingtaine d'ouvrages qu'il a publiés et les ateliers de formation qu'il a animés sur le counseling de groupe et sur l'insertion professionnelle. Depuis 2001, il n'a de retraité que le nom puisqu'il demeure très actif comme professeur associé. De plus, le prolifique auteur n'a pas rangé sa plume et le réputé conférencier manie toujours le verbe avec autant de verve et d'à-propos.

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